Survivre à une relation toxique

J’ai mis un paquet de temps à commencer cet article. J’ai aussi vachement réfléchi au titre.

Survivre, vraiment ?

J’ai pensé le changer, et puis non.

Oui, il y a des interactions humaines qui peuvent vous pousser dans vos retranchements et menacer votre santé physique et mentale.

« Qu’est-ce que je fous là? Je suis bien trop fabuleuse pour ça. »

Oui, il existe des personnes dont la perception de la réalité, la relation aux autres est déviante.

Il ne s’agit ni de bien, ni de mal, juste de comprendre et de se protéger.

Pourquoi ?

Parce que nous le valons bien.

Mon expérience

Je ne vais pas entrer dans les détails. D’abord parce qu’on s’en fout, ensuite parce que ça me regarde ; mais je n’écris pas ici pour ne rien dire, alors allons-y.

J’ai été lente à réaliser ce qui m’était arrivé. Je comprends vite, mais il faut m’expliquer longtemps. J’ai été tellement lente, le décalage à été tellement grand, que lorsque j’ai compris, au sens étymologique du terme « pris avec moi », c’est un peu comme si un piano façon Tex Avery me tombait sur la tête.

Moi ? Vraiment ?

On a tous une mythologie personnelle. On se construit sur des mythes et des croyances, comme nos ancêtres, pour nous définir pour expliquer notre histoire, pour donner du sens à ce qui n’en a pas. Moi, c’était la force. La force, pas de pleurnicheries, on avance, on ne réfléchit pas. La vie est une chienne ? Pas grave.

Je reviens au moment où j’ai pigé. Je disais donc, bien longtemps après. Un jour, au détour d’une conversation téléphonique, durant laquelle j’ai deviné un mécanisme, une mécanique, je dirais, même, qui m’est apparue avec la limpidité d’une eau de source, type très transparente. Evian.

Je me souviens être restée assise au pied de mon lit et avoir compris. Le vertige qui m’a pris !  Le vertige m’a transportée au bord d’un précipice au fond duquel je n’avais pas envie de regarder.

À ce moment précis, j’ai d’avoir attrapé mon ordinateur et je suis allée sur Google. (À quel point cette phrase est pathétique ? Une héroïne de roman se serait allongée par terre en questionnant le plafond. Non, moi je suis allée sur Google.) J’ai tapé des mots clés, comme une bonne vieille xennial qui se respecte, et là inévitablement, comme le mot « cancer » finit toujours par s’afficher sur Doctissimo quand vous y entrez « toux sèche » et « fatigue », les mots « pervers » et « narcissique » sont apparus sous mes yeux ébahis de petite sotte.

Le moment où ça m’est tombé dessus, c’est un moment précis comme je le dis, je m’en souviens parfaitement, j’ai appelé un ami très cher. Le flot est sorti de moi, parce que tout se mettait en place, tout s’expliquait. L’anéantissement que j’avais vécu, que j’avais refoulé, nié, occulté, refaisait surface. J’avais, comme à mon habitude, balayé le passé pour continuer et à ce moment précis de ma vie, j’étais immensément heureuse. Le choc a été d’autant plus violent.

La force, le mythe de la force, s’écroulait. Je m’étais laissé marcher dessus.

Comment. Moi.  Moi ?

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J’étais dans les cordes. Seule. Parce que comment expliquer ? Comment dire ce qui se passe dans une relation ? Comment mettre en mots ? J’ai lentement pris conscience que j’avais intégré mon mal à un tel point que je doutais de moi-même, de ma capacité d’analyse, de mon bon sens. Des années après. C’est ce qui m’a détruit. Pas la toxicité des relations passées, non, cette pensée seule : des années après, je ne me sentais pas la légitimité d’affirmer que j’avais été maltraitée psychologiquement et émotionnellement

J’avais pris à mon compte ce que je n’aurais jamais du accepter et c’est ce qui m’a dévastée. Je me suis tue. Longtemps. À la fois pour ne perturber personne, aussi pour me protéger (j’y reviendrai). J’en parle peu, j’y pense encore. Je me reconstruis. J’ai vécu de nouveaux deuils, j’ai compris la dépression, j’ai abandonné le mythe de la force, j’ai appris à être plus douce avec moi. J’ai grandi. C’est peut être pour ça que je peux essayer de déblayer la question.

*( Fin de la trop longue introduction)*

Comment ça marche?

une relation toxique

Ce n’est pas juste « une relation compliquée »

Parce que oui. La vie est faite de hauts et des bas, d’engueulades et de désaccords. On peut vivre des relations conflictuelles, avec son.sa partenaire, un parent, un ami. On peut dire des choses méchantes, jeter des verres par terre, parfois même dire des gros mots. On peut ne pas s’entendre. On peut rompre et se demander ce qu’on a trouvé à son ancien amour, lui en vouloir, être déçu.e, penser du mal. On peut avoir envie de rentrer chez soi dès qu’on met les pieds dans sa famille, ne plus supporter un pote.

La différence fondamentale avec une relation toxique, selon moi, c’est l’état d’épuisement mental et physique dans lequel vous met cette relation. La jauge qui vous permet de savoir si vous êtes dans une relation qui vous fait du mal, c’est ce que j’appelle la diminution, le feu intérieur qui rapetisse, pour ne devenir qu’un tas de cendres.

Une relation toxique n’est pas forcément conflictuelle. S’engueuler souvent ne signifie pas qu’on en vit une. Les disputes permettent aussi les réajustements. La toxicité d’une relation ne se mesure pas aux désaccords. Elle peut avoir un aspect tout à fait parfait, paraître sereine. (Elle peut évidement être conflictuelle, hein.)

« Et là je me dis: On s’en carre ! Je suis géniale ! »

La dynamique qui se met en place, la mécanique qui vous broie, peut prendre un mois ou des années : à terme, il en résulte toujours la même chose. Vous avez perdu un bout de vous, celui qui était solide.

Une relation toxique brise la confiance que vous avez en vous -même, en votre jugement, vos valeurs.

Elle prend différentes formes

Elle peut se construire très lentement, pas à pas, durant l’enfance, ou aller très vite. Je dirais : ça n’a pas d’importance. Elle fonctionne sur une base simple : une dynamique qui vous paralyse. Car c’est ça le but ultime (inconscient ou pas) de la personne en face de vous. Vous paralyser. Pour que vous ne puissiez pas résister, partir, l’envoyer chier.

Ce que veut cette personne, c’est que vous restiez, car elle se nourrit de votre mal.

Les personnes toxiques

ça existe vraiment?

N’est-ce pas juste moi qui induit ces réactions chez l’autre? Ne suis-je pas, au fond, le coeur du problème?

Stop.Right.Now.

Ce n’est pas du petit bout de la lorgnette que je vais faire le portrait psychologique de l’humanité. Oui, il existe des relations dysfonctionnelles, oui nous avons une part de responsabilité dans toute interaction humaine.

Mais il existe des personnes qui se sont construites de manière perverse, et qui ont des personnalités destructrices. J’en ai connu de très haute catégorie dans ma vie (elle n’est pas terminée, mais j’ose espérer que je suis toxic-proof aujourd’hui.)

Qui sont-elles?

Votre mère, votre soeur, votre père, une amie, un ami, votre partenaire, mari, amant, amante...

Il n’y pas de règles. Les hommes sont bien-sûr surreprésentés dans cette catégorie, mais ce n’est pas que leur psyché soit bien différente; c’est juste que, comme dans tous les domaines de la vie en général, ils ont plus de latitude pour exercer la violence. Mais les femmes ne sont pas exclues de ce genre de personnalité. Il existe des mère abusives, des femmes toxiques avec leur partenaire.

Là où je suis persuadée de la réelle terminologie, concernant mes expériences en particulier, c’est le schéma, comme je l’appelle : ces personnes développent les mêmes relations, les mêmes mécaniques avec d’autres que vous. Ils.elles ont une façon de procéder. Ils.elles peuvent aller jusqu’à utiliser les mêmes mots, les mêmes rituels. Leur adaptabilité leur permet vous circonscrire et de caler leurs névroses sur vos propres traumas et faiblesses.

Souvent, elles donnent très très bien le change: personnalité flamboyante, bagou, intelligence, humour, créativité, extrême gentillesse, dévouement.

Tout ça bien entendu, c’est du flan à 100%.

Comment procèdent-t-elles?

Une personne toxique, vous met d’abord dans une confiance absolue: vous vous sentez aimé.e, compris.e, entouré.e. Sa personnalité en général, ne se révèle vraiment que lorsque vous êtes enferré.e.s dans la relation. Car à ce moment là, vous êtes devenu.e.s dépendant.e.s. Elle vous charment, vous cernent, vous isolent, vous lient et vous dévalorisent. Une fois que vous êtes ferré.e.s, elles peuvent vous manger le cerveau.

Exemples

  • Une amie qui est toujours là quand ça ne va pas. Du coup, vous lui pardonnez lorsqu’elle vous humilie en public, où vous ment.
  • Un partenaire qui vous traite comme un prince, une princesse. Du coup, lorsqu’il vous hurle dessus au téléphone parce que vous avez 5 min de retard, vous passez l’éponge.
  • Un mère qui s’occupe de toutes vos galères. Du coup, quand elle vous gifle parce que vous lui dites un truc qui lui déplait, vous pardonnez.

Donc, non, vous n’êtes pas un.e idiot.e de vous être investi.e dans cette relation. Il y a des choses à à côté qui sont tellement fortes, exaltantes, positives, que vous vous laissez lentement entrainer dans le caca.

Leurs armes

  • La fusion 

D’abord et pour commencer, il y a cette phase, quasi inévitable (mais pas toujours) de la fusion. La fusion vous transporte et vous charme : un ami formidable, une amoureuse attentionnée, une mère totalement investie. On a une sensation d’adéquation parfaite, de synergie totale. On se sent compris.e, entourée, aimé.e.

Dans la relation toxique, l’autre en vous perçoit que comme une extension de lui-même. Vous pensez avoir de l’importance. Hors, non. Peu importe qui il.elle a en face, la personne toxique s’est construit sur ce mode : tu es moi, ou tu es contre moi. Ce genre de personnalité souffre d’un manque d’empathie : ils.elles n’envisagent pas l’autre, ou peu, dans sa complexité. La souffrance de l’autre à du mal à résonner en eux. Ils.elles ne le supportent que si il ou elle fait corps avec lui. (Amour fou, mêmes opinions politiques, ressemblance physique etc.): même si vous ne le percevez pas, vous n’existez pas en propre, vous êtes un miroir, un mur sur lequel faire rebondir sa balle de tennis. (Ne me remerciez pas pour cette métaphore brillante.) Peu importe les déclarations, les mots, les gestes : la terminologie de l’innée, de l’inconditionnel est toujours là. (« On est pareils », »Tu es mon âme soeur », « Tu es la chair de ma chair« )

Pour nouer la relation, il faut que la personnalité toxique s’accommode à quelqu’un d’autre (et c’est dur, cf. le manque d’empathie) et pour ça, il.elle lui faut se référer à la seule personne qu’il.elle estime digne d’exister : lui-même (elle-même).

  • La dévalorisation/exaltation

Mais cette fusion n’a qu’un temps. Parce qu’au bout du compte, vous êtes ce qui vous êtes, avec vos défauts et vos qualités, qui finissent bien par se révéler. Le moment de bascule, c’est celui où la personnalité toxique arrive au bout de sa capacité à nier que vous n’êtes pas sorti de sa côte et que vous pouvez lui dire merde si le coeur vous en dit. Là, le vocabulaire et l’attitude changent. Vous n’êtes pas lui.elle : vous êtes une personne. Et il n’y a rien de pire pour eux que de composer avec l’autre, de l’écouter, de comprendre.

(« Tu est trop ceci, trop cela », »Tu devrais consulter », »Tu n’y arriveras jamais », » Tu me mens »)

Il lui faut donc savamment doser le mal, à savoir, déstabiliser suffisamment pour que vous vous sentiez diminué.e, pas valable. Ces épisodes, de dépréciation, de mensonge, de violence, d’humiliation vous laissent à chaque fois un peu plus fatigué.e, pas sûr.e de vous. Ce qui suit, de loin ou de près, c’est toujours une autre phase exaltante, pour que vous vous ressourciez. Pour que vous vous requinquiez un peu.

Ce jeu de va-et-vient entre la dépréciation et l’exaltation (« Tu es une merde »/ »Je t’adore ») est parfois beaucoup plus subtil mais vous grignote chaque fois un peu plus le cerveau. Il vous laisse épuisé.e, incapable de démêler le vrai du faux, d’analyser vos sentiments et de vous faire confiance. 

  • Le mensonge

Il reste un des traits les plus particuliers de ce ce genre de personnalité. Un mensonge souvent décomplexé, en mode fake news (« Quoi, qu’est-ce qui y’a ? Je dis ce que je veux ») qui déstabilise les petits coeurs mous, bien habitués à mentir le moins souvent possible. Il prend plusieurs formes : omission, appropriation, arrangements avec la vérité, détournement… C’est un procédé qui permet de vous déstabiliser, voire de vous plonger dans la sidération. (« Il.elle n’a pas osé dire ça? », « C’est trop gros, les gens vont comprendre. » etc.) 

Le mensonge, une fois qu’il est dit, suggéré, enrobé, lâché comme par inadvertance, est une boule puante. L’odeur traîne derrière lui : elle est présente, elle est là. Il est très difficile de détricoter le mensonge, de comprendre qu’il existe. De se résoudre au fait que l’on est berné.e. Qu’on nous a menti longtemps. Lorsqu’il est utilisé contre nous, c’est tout aussi usant de faire comprendre que non, c’est pas vrai, de se justifier, de remonter le fil. Cela prend beaucoup plus de temps que de le proférer.

C’est pour ça qu’on ne lutte jamais à armes égales avec ce genre de personnalité : car on ne se doute pas à quel point un tel manque de scrupules peut exister, on ne l’envisage même pas.

Le mensonge, c’est aussi leur très grande capacité à se faire passer pour ce qu’ils.elles ne sont pas, à faire croire qu’ils. elles ressentent certaines choses qu’ils en ressentent pas, à donner le change. Donner le change pour faire croire à leur personnage. Cette façade, celle qui disparait dans l’intimité de manière plus ou moins abrupte, c’est pas le simple vernis social que nous portons tous pour fonctionner dans le monde extérieur, et qui se craquelle dès qu’on rentre chez soi, qu’on enlève son soutif/ses chaussettes pour s’affaler sur le canapé. C’est bien plus que ça: c’est un masque. C’est pour cela qu’au tout début d’une relation de ce genre, on a beaucoup de mal à croire ce que l’on a sous les yeux lorsque la personne se révèle dans l’intimité. Il y a un effet de sidération.

  • La peur

Elle est un outil majeur, je dirais : peur du scandale, de l’engueulade, de la violence. Peur des mots. Peur des absences. Peur des silences. Une peur qui paralyse, qui immobilise, qui empêche de réagir comme on le devrait. Elle est liée au mécanisme de la soudaineté de ces manifestations. On ne sait jamais quand ça va tomber, ou, même si on le sait (il y a des schémas qui sont très répétitifs), on continue d’espérer que cela ne va pas partir en cacahouète. En résulte cet anxiété constante  qui nous lie à la personne : on analyse ses réactions, ses humeurs, son bien-être. On est pieds et poings liés.

La peur dure elle laisse son empreinte, sa marque. On ne peut pas vivre un certain laps de temps dans une peur constante et en sortir immaculé.e. La peur forge un tunnel dans le corps et il est toujours là, prêt à la laisser passer. (Une personne qui m’est très chère m’a avouée que des années après sa relation toxique, elle avait encore de terribles migraines tous les samedi matin. Lorsque le week-end s’annonçait, son corps se préparait aux deux jours de violences, même s’ils n’avaient plus lieu depuis longtemps).

  • La violence

La violence physique

La violence physique a de multiples formes, elle va de la taloche parentale au viol conjugal. Elle peut prendre des airs de rituel, elle est la plus dévastatrice, car elle atteint dans le cœur même de l’être, et rompt, au sens physique, toute confiance en l’autre

La violence psychologique

La violence psychologique a, elle aussi plusieurs visages.

Je vais essayer de donner quelques exemples

  • la dévalorisation (vous, vos amis, votre famille etc.)

  • les insultes chroniques

  • l’utilisation d’informations personnelles contre vous

  • les sentences définitives (« Tu es ceci », « Tu es cela »)

  • Les moqueries, appuyées ou anodines

  • Les privations (sommeil, silence, liberté etc.)

  • Les cris, les menaces, les hurlements

  • La destruction de vos affaire, le vol

  • L’utilisation de vos proches, amis communs, famille

  • L’absence d’interêt pour vos préoccupations (horaires, maladie, habitudes etc.)

  • Les démonstration de violence, de force

  • L’isolement
  • Et bien sûr le mensonge (arme de prédilection de la personne déviante)

Ce n’est qu’un échantillon. Évidement le panel est élargi ; on arrête jamais le progrès en matière de toxicité humaine.

(Les histoires et anecdotes que me racontent mes ami.e.s, mes proches, ne cesseront jamais de m’émerveiller.)

  • Vous-même

Vous êtes votre propre Némésis, dans un certain sens. Les personnes toxiques pillent dans vos doutes, vos peurs, vos insécurités.

Ils.elles pigent très vite là où viser, façon moine Shaolin qui vous terrasse avec une prise de l’index et du majeur.

Ne pas, ne jamais oublier, qu’en tant que personne (à peu près) normalement constituée, vous ne débarquez pas dans la relation avec méfiance et malveillance. Vous trimballez vos névroses certes. Mais vous ne pouvez pas envisager qu’on se serve de vos propres mots, de votre famille, des votre statut, de votre travail, de vos sentiments, de vos traumas pour vous broyer. Votre bonne foi travaille contre vous, je l’ai déjà: on est jamais, jamais à armes égales avec les gens toxiques.

Je prends un exemple : moi. J’ai souvent très peur d’être jugée négativement. Du coup, je m’auto-vanne, juste pour prendre les devants: on est jamais mieux servi que par soi-même. C’est un truc familial, ce réflexe de l’auto-vanne : on rit beaucoup de nous-mêmes, chez-moi. Par pudeur, par modestie, par sentiment d’infériorité un peu, aussi, je crois. C’est très facile de me prendre pour cible, je suis vite le mouvement. Quand c’est fait avec bienveillance, avec mes proches ou des gens sympas qui ont pigé que je suis comme ça, c’est marrant. Mais on peut facilement retourner ce trait de caractère contre moi et même m’y faire prendre part. (« On rigole tous ensemble, là, où je me fais piétiner ? ») Je fais aussi partie de ces gens dont l’enfance n’a pas toujours ressemblé à la Mélodie du bonheur. J’ai donc plein d’autres traumas (Peur de l’abandon, de la violence, des disparitions, blabla) qui peuvent se retourner allègrement contre moi. (Oui, je vous donne le mode d’emploi, au cas où vous viendrait la subite envie de me faire rendre gorge.)

Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que ces personnes savent utiliser chacun de vos défauts, de vos fêlures, contre vous. Ils.elles vont utiliser ce qui constitue votre Kryptonite, puisée au coeur même de vos angoisses, refoulements, traumas. C’est un instinct; savoir précisément quels mots, quelles situations, quelles réactions vont vous mettre hors de vous, vous abattre, vous déstabiliser. C’est précisément en installant ce climat de confiance, car ils.elles glanent des informations, des souvenirs. Leur force c’est leur sens aigu de la psychologie, instinctif, non construit, qui leur permet de savoir exactement là où taper pour faire mal (au sens propre et figuré) et SURTOUT, là où il faut s’arrêter. C’est votre limite (on va en reparler). Cette frontière immatérielle que l’autre sait très bien éviter pour éviter que vous ne lui filiez entre les pattes.

Bref que vous veniez d’un foyer pour enfants difficiles ou que vous soyez né.e.s dans la plus aimante des familles, la personne toxique va trouver ce qui est utilisable, ce qui va marcher pour vous faire douter de vous.

C’est pas de leur faute

Oui et non.

Bien-sûr cela ne vient jamais de nulle part; chaque enfant se développe avec le bon et le mal dont il hérite. On sait très bien qu’une personnalité complexe et déviante résulte souvent d’un foyer dysfonctionnel, de traumas divers.

Mais ce n’est pas le cas pour tous. Qu’est-ce qui fait que cette conjecture donne un être pervers? L’est-il.elle complètement? Est-il.elle récupérable? Cela reste un sujet qui me fascine et me ronge à la fois. (Et renvoie à la vaste et épineuse question du mal en général, « Vous avez quatre heures, écrivez au stylo bleu. »)

Je ne réussis pas à trouver dans la littérature et la science assez de réponses pour me faire une réelle opinion, mais je reste convaincue que certain.e.s se construisent en faisant du mal aux autres.

La propension que nous avons à pardonner, souvent aux mêmes personnes, individuellement ou collectivement, s’articule autour de cette idée. Il y a le leurre, celui de la souffrance d’un ego tellement disproportionné, que tout ce qui arrive a une valeur ajoutée. Ils.elles souffrent plus que les autres, ils ont plus le droit d’être énervés fatigués, en colère. Leur moi s’est construit comme ça, quelqu’en soit la raison.

Est-ce à nous de jouer le miroir, celui ou celle qui renvoie la balle et se la prend souvent en plein dans la tronche ? Non.

Sommes-nous tous la personne toxique de quelqu’un ? Non, je ne pense pas. Ce n’est pas si simple.

Un exemple, national, celui-là. Le cas de B. Cantat. Voilà un type qui a fait un jour des chansons cools. Il tue sa compagne. À coups de poings. Elle est défigurée. On apprend que son ancienne compagne le soutient. Elle y retourne. Après, après qu’il ait tué. Elle revient. Elle laisse un message sur le répondeur de ses parents. Elle raconte la folie de ce mec. La destruction qui s’opère. Elle se suicide. Elle se suicide. Et en début d’année. Je vois ce mec, à la Une d’un magazine national. On sait, les proches l’ont dit, que sa violence était un secret de Polichinelle. Qu’il avait isolé, dévalorisé, brisé la femme qu’il a fini par tuer à coups de poings. Et on l’interroge: « Comment ça va ? », « Comment tu te sens ? », « Pas trop dur, la vie d’artiste maudit ? »

J’ai mis un mois à me remettre de la couv’. Ce qui m’a poussé à penser à ce post et aussi à aller fouiller dans mon histoire à moi. Parce que j’ai trouvé insupportable la supercherie. La supercherie qui trompe les gens de bonne volonté, « Il faut pardonner », « Il a payé sa dette« , ceux qui essaient de ne pas être fachos, brisés, résignés, faciles. Cette supercherie, c’est c’elle du type qui parle de LUI. De LUI. De LUI. Qui ne sait pas se taire, qui ne sait pas se faire oublier. Manque d’empathie, on disait, hein.

Bref, nous avons une très nette inclinaison, et ce « nous« , c’est à l’échelle de l’humanité, d’ériger des personnalités non empathiques ou perverses au rang d’icônes, de leaders, de modèles. Notre capacité à leur pardonner est universelle. Oui. Irais-je jusqu’à dire que c’est ce qui empêche de faire tourner le monde : pas loin. (Ne me poussez pas sur la question du Différend et de la hiérarchisation du Capitalisme à l’échelle de l’Histoire.)

Leur faiblesse

Le propre de leur psyché est souvent un vide, un vortex même je dirais. Leur réelle opinion d’eux-mêmes, leur assurance, leur estime d’eux-mêmes est en réalité proche de zéro. Il faut qu’ils.elles trouvent quelqu’un pour lui manger le cerveau, se repaitre de son énergie, puis de son malheur. J’ai lu quelque part que les personnes victimes de gens toxiques ou pervers, n’étaient pas les pauvres paumé.e.s qu’on imagine, mais bien souvent des personnes assurées, confiantes et intelligentes. Et cela fait sens (en plus de me rassurer un peu) : ces personnalités toxiques, vides, en cherchent d’autres, puissantes, pour à la fois se les approprier et les briser.

Leur faiblesse, c’est le degré de résistance, le point de rupture, celui où leur mécanique ne marche plus et que vous les voyez pour ce qu’ils/elles sont : des gens nuls.

C’est aussi je dirais, eux-mêmes : ils finissent toujours par se révéler. Rares sont les cas de ce genre qui n’ont pas fini par être percés à jour dans mon entourage. Ça met parfois du temps, mais ils.elles finissent par tomber le masque. Les gens arrivent à leurs propres conclusions. Ou pas.

Comment on réagi?

Face à ça
  • Le mal-être

Dans cette relation, vous vous êtes lentement persuadé.e (avec de l’aide bien-sûr, hin, hin) qui vous êtes le coeur du problème, que vous êtes instable, dépressif.ve, stupide, pas assez ceci, trop cela… Les réactions sont diverses, mais elles se manifestent souvent par un abattement général, une dépression, une sensation de vide, de non sens, de détestation de soi (qu’on ne voit pas forcément de l’extérieur), prise de poids, perte de poids, insomnies, anxiété, angoisse, mal de vivre, you name it. On cherche des solutions, on va voir le psy, un sophrologue, un coach, un marabout, la fée bleue, que sais-je, pour trouver ce qui cloche chez nous.

Ce qui cloche chez NOUS. On ne cesse de s’auto analyser et de redouter les prochains problèmes, engueulades etc. On essaie de savoir ce qui les provoque. On se rebelle, on gueule aussi, ou pas, on se réfugie dans le sommeil, on part en vacances, mais rien n’y fait. On est mal.

(Attention, on peut tout à fait être dépressif et être manipulé pareil, cela n’enlève rien à l’aspect toxique de la relation; les personnes depressives, souvent résiliantes, ont appris à lutter contre toute leur vie; c’est donc naturellement qu’ils se remettent en question dans la relation et ont tendance à croire que le problème c’est eux. Hors, non. Et les personnes toxiques savent très bien manipuler la dépression.)

Cette quête de soi, je l’ai souvent vue chez d’autres. Après que j’ai compris et analysé ce que j’avais vécu, j’ai toujours l’impression d’y voir clair comme dans du cristal. Voir dépérir une copine qui était flamboyante, un ami qui se laisse bouffer par son père, une cousine qui devient parano et qui se dévalorise… comment dire.

  • Le confit de loyauté

C’est l’un des aspects les plus dévastateurs de la relation toxique. Quand elle a lieu dans le cadre familial, serré ou élargi, c’est un processus qui vous fend l’âme en deux.

Il est très difficile de couper ou de se défaire des liens familiaux toxiques; souvent, on essaie de s’habituer, on compose, on minimise. D’abord parce qu’on ne connait parfois que ça, ensuite parce qu’on se construit avec. La jauge, cette jauge qui nous permet parfois de comprendre que ça pue, qu’il ne faut pas y aller, est souvent complètement détraquée en ce qui concerne la famille. On essaie de prendre avec soi, on construit un schéma familial, on tente de se distancer, de se distinguer, de disparaître. Qu’on rejette le schéma familial ou qu’on s’implique à fond, peu importe. Le résultat est le même. On souffre, mais on est paralysés.

Défaire ce lien qui nous fait beaucoup de mal est l’une des choses les plus dures au monde. Il y a cet intangible du lien filial, familial, dur à définir. Il y ces familles écrasantes, ces familles pleines de non-dits, ces familles intrusives… Certains diront que c’est une construction sociale, une illusion, d’autres convoqueront notre part animale, pour expliquer ce qui nous lie à notre famille, nos parents, avec ou malgré nous, qu’on les aime ou qu’on les déteste.

Je n’ai pas la réponse à ça : ce que je sais, c’est que rares sont ceux que j’ai entendu dire : « Je ne vois plus mon père, ma mère, ma soeur. », « Je n’aime pas ma famille. », « Ma famille me fait du mal., « Ma mère est toxique. » Lorsque ça arrive, je sais que c’est au prix d’une grande souffrance que le lien a été coupé. Et la culpabilité guette toujours. Même si on est la victime. Même si on a fait du mieux qu’on pouvait.

C’est chez l’enfant, l’incapacité à dire du mal des ses parents. De dire du mal de son oncle. De sa cousine. Une partie de cet enfant ne grandit pas et reste figée dans l’attente, l’attente de l’amélioration, du mieux. C’est cette promesse qui fait tenir les enfants et les adultes : peut-être que ça va s’arranger, peut-être que mes efforts vont payer. Et dans cette attente, il y a la loyauté de celui, celle qui se tient prêt à ne plus souffrir. Si on abandonne cette attente, on trahit. On ne croit plus en la personne qui nous fait du mal.

Et la culpabilité, cette culpabilité dure. Je le sais: j’ai rompu un lien filial, très fort. Il y a 22 ans. Et parfois, je m’assois et je pleure, comme ça, 22 ans après. Je n’ai pas de rancoeur, je sais que rompre, c’était la seule chose que je pouvais, que je devais faire. Je ne crois pas que j’ai fauté. Mais je me sens coupable. Parce que, peut-être. Peut-être. Peut-être. Même si ma part rationnelle me dit que « Non, non, rien n’aurait été différent, jamais », l’enfant attend toujours. Et elle/je pleure encore, 22 ans après, parce que rien ne pourra jamais être réparé et que c’est trop tard. (Et je chiale en tapant ces lignes, bravo le veau !)

En dehors du cercle familial, c’est-à-dire en amitié, dans les relations amoureuses, sociales, parfois même au travail ce conflit de loyauté se manifeste par le jeu entre la culpabilité et l’instinct de survie. Dans une relation toxique, on vous fait croire que le lien est indéfectible, inné, immortel. Vous ne vous en êtes pas auto-persuadés : c’est un travail qui s’est opéré malgré vous. Du coup, dès qu’un sursaut de lucidité se produit (« Ce n’est pas normal, je ne peux pas accepter ça« ) votre cerveau produit les messages subliminaux qui vous empêchent de réagir (« Elle m’a tellement aidée quand j’étais dans la merde », « Il s’est saigné aux quatre veines pour moi », « Il. elle m’aime tellement », », « Je suis ingrat.e », « J’exagère », « Je ne le.la mérite pas »)

Le conflit de loyauté scinde la personne en deux. Il s’opère contre la volonté, dans une durée illimitée. On peut parfois s’interdire de penser du mal. On peut ne toujours pas réussir à dire, des années après, par peur de choquer, décevoir, remuer, ou prendre sur le tronche la volée de bois vert que constitue un arrivage massif de vérité sans fard dans n’importe quel cercle ou relation.

  • Le dégoût

De soi. De la vie. Des gens. Le travail de sape, la lente déconstruction  de votre solidité intérieure donne un parfum de cendres à tout.

Vous finissez par vous dire que oui, peut-être êtes-vous trop égoïste, borné.e, stupide. Que vous ne tournez pas rond. Que vous ne réussirez jamais rien. Que le bien-être, c’est pas pour vous. Que oui finalement, peut-être que vous n’êtes pas assez cultivé.e, patient.e, tolérant.e, investi.e. Que vous ne méritez pas vos amis, votre famille, votre partenaire. Que vous êtes mauvais.e.

Que quelque CLOCHE chez vous.

  • L’immobilisation

Il arrive un moment, un point de non retour, où l’on se retrouve complètement paralysé.e. Ce n’est pas un point culminant. C’est une période, un moment. On ne sait plus quoi faire, comment procéder pour se sortir de cette situation de souffrance. Évidement, la réponse est simple : il faut couper le lien.

Mais qu’on en ait pris conscience ou non, on est les deux pieds dans le ciment. Financièrement, émotionnellement, administrativement, loyalement, amoureusement, amicalement. On ne peut aller ni dans un sens, ni dans l’autre. Ce sentiment de paralysie, de ne pas avancer, d’immobilité, est dur, violent. Car sans faire de psychologie de comptoir (allez, c’est ce que je fais tout au long du post) : symboliquement, c’est la mort. Quelle porte de sortie ? On rit quand je dis que certaines personnes peuvent vraiment vous pousser dans vos retranchements et vous inciter à vous faire du mal. Mais c’est vrai. Je l’ai vu, constaté, plus d’une fois. Lorsque l’on est pris dans les filets de la relation toxique, il y a peu de portes de sorties. Et souvent, puisque l’on se sent le coeur du problème, on préfère ne plus bouger plutôt que se faire du mal. (Parce que l’autre nous a persuadé qu’on ne pouvait/devait jamais le.la blesser).

Comment lutter?

  • La limite

Cette histoire de limite, c’est un peu au centre de mon interrogation sur ce sujet des relations toxiques. C’est vraiment le fil rouge. J’ai plein d’exemples autour de moi de couples, d’amitiés, de relation de boulot: quelques fois, comme nous le faisons tous, je me demande « J’aurais accepté ça? ». J’ai bien conscience que se tricote dans l’intime nous dépasse, nous les gens de l’extérieur, et j’essaie de ne pas juger, parce que je ne suis pas sûre de valoir bien mieux que quiconque. (Enfin, si. J’ai des noms).

Bref, chaque individu arrive dans toute relation avec son bagage à main, comme je l’appelle, (les trucs légers et pas prise de tête) et sa valise sur le dos (les trucs lourds, qui coulent et qui prennent de la place). On déballe d’abord le bagage à main, parce que déjà dedans il y a un Kinder qu’on as pas mangé, et ensuite parce qu’on a bien le temps de ranger les trucs lourds, encombrants et qui coulent de la grande valise plus tard. C’est normal. C’est légitime.

Dans le bagage à main, il y a nos trucs faciles. Dans la grande valise, il y a the real shit, les vrais trucs, quoi.  Et chacun trimballe des valises différentes, avec des contenus un peu similaires, mais pas pareils quand même. Du coup, et c’est là où je veux en venir, super la digression, c’est dedans qu’on transporte notre limite. Elle s’est dessinée durant notre développement. Elle a été repoussée, infranchie ou pulvérisée. Ça dépend de notre histoire, de notre vécu. Dans le cercle familial, le premier, on tricote notre limite avec les autres. C’est plus ou moins réussi, plus ou moins sécurisant. Des fois, c’est violent et dysfonctionnel. Des fois on vous apprend tout petit qu’il n’y pas de limite à ce qu’on peut vous faire. Quand vous arrivez sur la scène sociale, l’école, le travail, les amis, l’amour, vous vous servez de ce fil rouge, de cette limite. Elle n’est pas bonne ou mauvaise, c’est juste la votre.

Un être empathique saura lui aussi voir où la jauge se situe. Il comprendra votre limite, peut-être, mais si elle est très très éloignée de ce qui est de l’ordre de l’acceptable, il.elle ne s’en approchera pas, jamais. Dans la relation toxique, l’autre saura exactement qu’il.elle peut mettre les pieds  juste au bord de votre frontière. Il.elle manœuvrera  juste assez,  soit pour la repousser peu à peu, soit pour la détruire, soit pour la titiller de temps en temps.

Circonscrire sa propre limite, la réviser, la changer, c’est un énorme boulot. Quelque fois, on apprend à ses dépends, mais on apprend quand même: on réévalue nos acquis, on trace une nouvelle ligne. On a compris sa limite et on la consolide, on la retape, où on la délocalise.

  • La prise de conscience

La prise de conscience est la partie la plus dure. Voire le seul moyen de lutte. Et c’est tellement, tellement difficile de comprendre ce qui nous a lié à quelqu’un qui nous a détruit, de le détricoter.

Car, même si les autres s’en rendent compte (ce qui n’est pas la majorité des cas), vous ne pourrez entendre ce qu’ils ont à dire qu’à un certain stade (celui de votre limite); avant cela, vous êtes tellement persuadé.e d’être lié.e à cette personne de manière intrinsèque, que vous en dissocier vous fait entrer dans un conflit de loyauté insupportable. (Je l’ai vécu enfant et adulte, et à chaque fois, c’est le même processus).

Je ne sais pas si on peut réellement la déclencher, où s’il est inexorable de se heurter au pire pour comprendre. Chaque histoire a ses propres aboutissements.

Après avoir compris, on ne va pas mieux, car on se remet automatiquement en question (évidemment) : comment, pourquoi, n’ai-je pas rêvé, j’exagère forcément, je suis une petite nature, c’est pas si grave etc.

Je reste persuadée, qu’à moins d’avoir vraiment une psyché détruite, on sait, on sait au fond de nous-mêmes ce qui nous est arrivés, qu’on est pas fou.folle, parano. Il y a un instinct de vie qui, au plus profond, nous conforte. On a raison. On a pas rêvé.

Quelques pistes pour l’après

  • Faire le vide

C’est un des trucs les plus durs, mais salutaire. Construire une relation c’est souvent avoir aussi un cercle (famille, amis, collègues) autour. Et l’une des armes des personnes toxiques, ce sont aussi les autres (à leur corps défendant, bien souvent). Ils savent doser, désinformer, et manipuler, tant et si bien que vous vous retrouvez souvent dans la position de vous justifier, voire, de vous excuser. Tant que cet entourage n’aura pas pris conscience par lui-même de la toxicité de cette personne, vous serez sans ressources. Vous serez toujours pris dans les filets de son influence (« Ben alors, pourquoi vous vous parlez plus, c’est ballot, elle est très malheureuse tu sais! ») et on vous obligera à rester en contact, même mentalement, avec lui ou elle. il faut parfois couper complètement avec certaines personnes, et c’est dur. Ce qui m’amène à la suite.

  • Ne laisser de prise à rien

Car ce que cherchera toujours la personne qui vous nuit, c’est un accroc, une prise à laquelle se cramponner. Un mot, un email, un texto, une parole rapportée… il.elle va faire feu de tout bois. Pour disloquer le lien, il faut laisser glisser; mensonges, calomnies, intimidations (jusqu’à un certain point bien-sûr, certaines actions impliquent d’aller porter plainte chez les flics).

Dans certains cas, les gens (amis, famille, proches) doivent se rendre compte par eux-même et c’est très dur. On sait, a une certaine étape du processus, que parler ne servirait à rien, que cela n’aurait pour effet que de se décrédibiliser un peu plus.

  • S’entourer

De nouvelles personnes, nouveau groupe, prendre l’air, s’aérer. Se retrouver. C’est toujours dans la relation à l’autre que l’on comprend qui l’on est, et construire de nouvelles relations permet aussi de se voir. De nouveaux regards porté sur nous, nous disent beaucoup de choses. On réapprend à s’apprécier on retrouve notre feu intérieur.

  • Se reconstruire

Il faut savoir prendre soin de soi. Je sais qu’à l’ère de la manucure à domicile, ça paraît facile, mais en vrai, le vrai soin, celui de l’âme, on le néglige dans les grandes largeurs. Adepte du « J‘y penserai demain, sinon je vais devenir folle« , je suis bien placée pour le savoir. Il faut être gentil avec soi (pas trop, hein pas d’auto apitoiement!) et surtout aussi indulgent qu’on l’est avec les autres.

Dans la reconstruction, il y  a la mise en mots, la verbalisation, l’analyse. Le deuil aussi, d’une certaine insouciance, confiance. Mais il y a ce moi qui resurgit, et qui s’affirme, je suis quelqu’un de bien, je suis quelqu’un de bon, je mérite mieux que ça, je n’ai pas mérité ça, je n’ai pas provoqué ça.

  • Se faire confiance

Vous savez ce que vous avez vécu. Vous savez ce qui clochait, ce qui vous faisait non à l’intérieur mais que vous avez raisonné, par peur, faiblesse, fatigue.

N’empêche, hein, on se questionne encore, on se demande : qu’est-ce qui cloche chez moi ?

Plein de choses, on ne va pas se leurrer, on n’est pas au pays des Bisounours.

Mais qu’est-ce qui cloche au point de créer la maltraitance ? Rien. RIEN. Jamais.

  • Et n’oubliez jamais

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