No make up: le point après un an

La ride qui va bien, les jolies poches. Une journée de taff dans les pattes, la photo prise à la volée sur le balcon. Pas de make up.

Tout à commencé en mai dernier pile poil : j’ai vendu mon appart’, me suis délestée de la moitié des trucs qui ne me servaient à rien, et aussi, j’ai lâché l’affaire avec le maquillage.

Voir l’article de l’année dernière qui en parle : Minimalisme #0 // Pourquoi ?

Il faut dire que le make up et moi, comment dire… je ne suis pas, mais pas du tout girly comme meuf, hein, mais j’avais comme un genre d’addiction venues des ténèbres de mon inconfort social.

La genèse

Rien que ça

1999. Trop à l’aise avec moi-même.

Je m’explique : ça a commencé avec me peau qui s’est mise à partir en cacahouète vers mes 18 ans. Jusque là, rien; pas d’acné, rien, pas de problème. Ensuite ça c’est corsé: j’ai fait de la dermite séborrhéique, du psoriasis (« et bon appétit bien-sûr ! »), bref, tout ce que la peau peut extérioriser du mental d’une anxieuse chronique de la mort-qui-tue.

Donc, ma bouée, ma béquille, vous l’aurez compris, c’était le make up. J’ai commencé à me maquiller tous les jours à partir de là, surtout le teint (cette obsession de la peau, dont je ne me suis toujours pas départie, en vrai). Je me suis mise à aimer ça, comme une bonne complice de mon aliénation de genre (oui, d’accord, je pousse un peu, parce que le maquillage c’est fun, aussi). La cosméto, on va pas se mentir, avec l’écriture et les bouquins, ça reste mon truc : couleurs, textures formulation… Il ne faut pas que je traîne trop longtemps chez Sephora, hein, parce que même avec mes convictions green en bandoulière, je peux aisément finir par acheter tout le rayon Marc Jacobs (on est pas à une contradiction près, j’assume).

Pourquoi

J'ai arrêté

Passion liner et selfie. Bouuuh.

Le ras-le-bol, la flemme, la révélation : d’un coup, je n’avais plus envie. Plus envie de mettre de mascara, plus envie d’essayer de camoufler, de révéler, d’embellir. Pas par mésestime de moi-même (ça se dit?), ni par laisser-aller, non, juste le let it go total. J’ai compris mon rapport au truc: ce n’était plus un plaisir, ni un soin, juste une politesse. Oui, voilà, c’était comme si me présenter au monde sans cette barrière me rendait impolie…  Je voulais être parfaite, pas me sentir belle. L’obsession de ma peau, futile, presque délirante, complètement subjective, m’est apparue pour ce qu’elle était … une insécurité. Et puis, c’était dans la continuité d’un changement, mon engagement dans plus de minimalisme, le bio depuis des années, mes tambouilles pour me fabriquer mes produits… Du coup, comme je suis une fille pondérée et raisonnable, j’ai arrêté d’un coup, j’ai filé ou jeté tout mon make up, ambiance nettoyage de printemps de l’extrême.

Comment

Ça s'est passé

Pose exaltée et no make up. La vie.

Ben pas trop mal. Déjà, ça m’a libérée: j’en avais tout simplement besoin. Besoin de lâcher l’affaire, de ne pas me soucier de mon regard, le mien, sur moi-même: je me suis foutu la paix. Bien-sûr, ça m’a manqué des fois : bien-sûr, on ne va pas se mentir, ma peau n’a pas toujours été au top, et ma face non plus. J’ai 37 ans, des tâches, des rides, des pores qui font leur life, bref, c’est pas toujours joli-joli. Des fois je me suis sentie pas belle, pas super polie, pas super attractive, des fois je croisait des nanas avec une peau de ouf, un trait de liner au cordeau, et ça me faisait un peu la jalousie, voilà, mais bon. En gros, j’ai bien aimé.

Le bilan

Le vrai
  • J’ai moins consommé (plus d’achat de maquillage)
  • Mais en vrai j’ai plus acheté plus de soins (même si ma routine reste minimaliste)
  • J’ai affiné ma routine de soin
  • Ça reste un passage qui m’a libérée, mais vraiment (emphase bonsoir)
  • Je m’accepte
  • Je perds moins de temps
  • Je pense moins à mon apparence
  • Je me laisse tranquille

J’en suis où

Là maintenant?

Un peu nulle-part. Je m’explique. Ma mère, cette grande prêtresse de la sagesse ancestrale, a évoqué mon caractère, disons, plutôt entier. Elle m’a fait remarquer que j’étais passée de tout (pas un pas dehors sans make up), à rien (j’ai tout jeté, fuck, plus jamais). Bref, j’ai un tempérament un peu excessif. Du coup, j’ai un peu cogité, parce que j’aime toujours bien le rouge-à-lèvres. Tout  ça pour dire que je me suis remise à racheter quelques trucs, à poser des petites touches çà et là, quand je veux, quand j’ai pas la flemme, quand ça fait sens pour moi.

Et en ce moment

  • Je suis beaucoup plus détendue avec ça, je me remaquille un peu, je kiffe
  • J’ai des rechutes : je suis toujours, dans ma tête, à la recherche du Graal pour le teint LA QUÊTE JAMAIS NE S’ARRÊTERA
  • Je recommence une toute petite routine de maquillage, sans mascara, sans fards, sans rouge à lèvre, juste teint, joues, sourcils (les sourcils je ne pourrais jamais lâcher, je ne peux pas être sauvée sur ce point)

Donc vous me direz: « tout ça pour ça?! »

Eh ben ouais. Je me laisse la liberté de faire ce qui me plaît, sans me mettre de barrières, ni dans un sens, ni dans l’autre. Le vrai bilan c’est ça.

Et c’est déjà pas mal. Non?

1 Comment

  • Mouvementsaberrants dit :

    Mouais, l’obsession de la peau parfaite ça nous connaît toutes plus ou moins…ça existe dailleurs mais ça reste un phénomène assez rare, et souvent les personnes qui se baladent avec une peau de bébé ne FONT RIEN. #injustice.

    Je pense que c’est lié au métier aussi, quand tu enseignes tu as tous ces petits yeux braqués sur toi. Ça met un peu la pression quand même, surtout qu’on a été élève un jour, et le look des profs on aimait bien le passer à la moulinette.

    Perso, je suis une flemmarde comme pas peau possible. (Jeu de mot dans la place✌) Je me maquille pour les trucs importants et encore, genre pour aller bosser, les rdv pro, une soirée. Même pour le boulot c’est vraiment pas systématique. J’ai été frappée par l’acné il y a deux ans à cause de mon stérilet (merci bien), ce qui entre autre a initié mon opération camouflage. Puis j’ai arrêté, j’en avais marre. J’ai des boutons et alors ? Et ma peau s’est remise, pas totalement mais elle va beaucoup mieux. Tout ça pour dire qu’en ce moment je me maquille une fois tous les 15 jours et c’est bb crème point final.

    Je suis pas hyper girly comme nana mais j’avoue être fascinée par ce monde de la beauté. C’est tellement loin de ma vie en quelque sorte, tellement loin de ma manière de me concevoir que je me raconte des histoires faites de potions et de micas.

    Typiquement je suis la meuf qui va depenser largement plus dans les soins que dans le maquillage. Ce serait très français apparemment ! Les américaines fonctionneraient à l’inverse.

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