Movie hate // 500 Days of Summer

hatesummer

Le pitch

Un garçon rencontre une fille. Il tombe amoureux, pas elle.

Pardon.

Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n’est pas du tout le cas de Summer.

 La voix off nous donne le postulat de départ:

 Il n’y a que deux types de gens dans le monde: les hommes et les femmes.

euhh

Euhhhh?

 Garçon + fille = amour. 

OKAI. Retour en 1950, où les filles portaient des jupes corolles et où l’homosexualité n’existait pas. (Et les identités transgenre non plus.)

Le garçon

 

Attention, garçon sensible, garçon 2.0.

Un physique pas effrayant, pas de poils, pas de barbe, un sac en bandoulière et une mèche pas trop lisse. Il aime la pop anglaise, il est foncièrement gentil. On l’aime bien. On a envie de lui offrir des Skittles mais il serait capable de mettre de côté tous les verts en dissertant sur le fait que c’était ce qu’il faisait petit quand ses parents divorcés l’emmenaient au cinéma, parce qu’il voulait les garder pour sa petite copine de CM1 et blablabla.

Ce qui le distingue des autres, c’est qu‘il croit en l’amour. Il fait donc partie de cette espèce en voie de disparition dans le cheptel des trentenaires désabusés.

Il travaille dans une boîte qui crée des cartes de vœux et il les rédige (les vœux).

Bien sûr, il n’aime pas son travail. (Qui selon moi est incroyablement génial mais c’est une autre histoire.)

500 days

Profondeur

Il veut être architecte. Il a envie de tomber amoureux (comme tout le monde) et il cherche désespérément la fille qui saura aimer comme lui la pop indé et les sacs en bandoulière.

Ah oui. Il a des écouteurs WeSC.

A part ça, pas grand chose. Et c’est bien ça le problème. On ne connait pas ce jeune homme. Il aime l’amour. Il est déprimé lorsqu’on le largue. Il aime les immeubles.

Il a deux amis mâles consternants qui lui posent des questions sur sa petite copine.

Morceaux choisis:

« – Tu te l’es tapée?

– Non.

– Une branlette? »

AHEM.

Du coup, sa confidente est sa sœur d’à peu près 10 ans, ce qui est très très très bizarre. Ils conversent en jouant à la Wii (évidemment) de relations hommes/femmes. Elle débarque à vingt-deux heures, toute seule, pour l’écouter geindre. Vingt-deux heures. Les Services sociaux bonjour? Une gamine FLIPPANTE, qui parle, bouge et raisonne comme une adulte (elle lui sert un verre de vodka quand ça va mal) et nous donne envie de filer au square du coin pour regarder les enfants normaux manger du sable et se rentrer des bouts de bois dans le nez.

La fille

 

Là, on rentre dans la vif du sujet. Summer (d’où le titre, pas con), car c’est elle, est une fille de taille et de poids moyen (ceci est bien précisé), une girl next door parfaite.

Lorsqu’elle loue un appartement, le papier peint y est à fleurs, comme dans les catégories bohème des blogs home design.

Elle fait du vélo en ballerines blanches et porte des robes fifties. Sauf au boulot, où elle s’affuble de tenues toutes plus moches les unes que les autres (le pantalon gris en laine, HELLO?) et à la fin de sa relation avec le garçon, parce qu’elle est déprimée (là, elle s’habille en noir.).

Et elle attache ses cheveux en queue de cheval avec des RUBANS.

 

 

Avant d’aller plus loin, quelques points à mettre en exergue (et qui font de cette fille une tête à claques de classe internationale.)

  • elle a cité Belle and Sebastian (le groupe) dans son Yearbook. Elle est donc pointue.

  • elle a appelé son chat Bruce car elle adore Bruce Springsteen (donc elle aime aussi les trucs mainstream un peu couillus)

  • elle est capable d’aller chez IKEA en étant super décalée. Genre, elle s’éclate. Elle ne cherche pas le modèle Fujstebrurg en violet au sou-sol en suant à grosses gouttes. Elle ne s’engueule pas avec son mec quand ils se rendent compte qu’ils ont oublié de prendre la référence de l’armoire de salle de bains à l’étage bordel-elle-est-pas-en-libre-service. Non. Elle rocke IKEA et rien que ça, ça mérite le respect. (A la fin quand même, elle n’aime plus IKEA. Je crois que ce n’est possible pour personne d’aimer IKEA sans finir par haïr IKEA.)

  • Elle adore Ringo Starr, parce que juste, personne ne l’aime. Je crois que la vacuité de cette déclaration ne nécessite pas de commentaire.

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  • Quand elle évoque ses anciennes relations (passage obligé dans une comédie romantique) elle cite: un beau-gosse, une fille, un étalon italien: elle est donc éclectique.

  • Elle est détachée. Elle se ballade avec ses grands yeux bleus ouverts dans une posture mi-blasée, mi-exaltée (oui c’est possible).

  • Elle chante trop bien dans les karaokés, même bourrée. Elle ne s’étale pas dans son vomi en beuglant Bambino de Dalida. Non, elle chante Sugar Town de Nancy Sinatra. (Après le garçon chante Here comes your man des Pixies. Voilà voilà.)

Évidement, elle finit par se marier (on est aux États-Unis, hein). Pas avec le héros, bien entendu.

Elle est donc bien comme toutes les gonzesses, elle rêve d’une robe meringue et d’un ballet d’enfants à couronnes de fleurs.

La Morale

Son côté détaché super relax c’était du cyniiiiiisme car elle n’était pas amoureuse.

Quand on est amoureuse on se MARIE. Tout le délire j’suis un dude en robe à fleurs c’était du chiqué.

Mais en même temps, le dude a des arguments UN POIL misogynes dans sa besace. C’est avec cette mentalité qu’on finit par ne pas se marier mon p’tit pote (AHAH).

misogyne

LE pauuuuvre

Trois choses à savoir

  • La première conversation entre les deux protagonistes a lieu dans l’ascenseur de la société pour laquelle ils travaillent tous les deux. Il écoute les Smiths et elle reconnaît la chanson à travers le casque. Ensuite, elle la fredonne avec une voix délicieusement fausse. Elle dit : «Tu as de bons goûts musicaux» et «Je les adore».

    Sérieusement?

    Sérieusement?

  • à un moment, ils sont dans une voiture et la chanson dans l’autoradio c’est Quelqu’un m’a dit de Carla Bruni.

  • à un autre moment, ils vont à un mariage. C’est trop beau, ce sont deux vieux afro-américains qui se marient sur une musique de Feist (mais ils ne le savent pas). Il y a un coucher de soleil et même, Summer danse avec un petit afro-américain trop mignon pendant la fête. Elle est vraiment trop cool.

    Le moment embarrassant

Comme elle est un peu dingo et décalée, Summer met au défi son petit copain de crier le mot «pénis» par un bel après-midi ensoleillé, au parc, au milieu des gens normaux occupés à jouer au ballon avec leur progéniture.

Foufoulade.

Pour finir

Le visage d’un autre wannabe architecte insupportable et amoureux de l’amour (j’adore cette expression):

feelings

Tais-toi?

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