Minimalisme #0 // Pourquoi ?

mini

Un coin de chez moi.

Chose promise chose due, aujourd’hui j’entame le premier chapitre sur le minimalisme !

Disclaimer

Bien-sûr, écrire sur l’art de vivre est un luxe. Avoir du temps pour y penser et l’organiser aussi. J’ai conscience que le loisir qui m’est autorisé ne l’est pas pour tout le monde et, bien que je ne fasse pas partie de la caste des gens riches, je suis incroyablement privilégiée, à plusieurs niveaux. Cette réflexion sur le minimalisme n’est donc que cela, une réflexion, qui a une importance toute relative au vu de l’état du monde et des luttes en marche aujourd’hui. Mais je crois aussi fermement que réfléchir à notre façon de vivre est intéressant et révélateur.

  • Déjà, c’est quoi?

Le Minimalisme, est un courant qui se développe pas mal depuis la Crise, aux Etats-Unis notamment et il faut le dire, plutôt par des gens de classe moyenne. Il ne vient pas de nulle part : on y retrouve de l’épure philosophique, une sorte d’ascèse qui peut rappeler certains courants religieux… mais c’est surtout un sursaut face au rouleau compresseur qu’est notre société de consommation. Zéro déchets, cosmétiques bio, dressing responsable, sont autant de variantes qui permettent d’atteindre un seul but : posséder moins, acheter moins, mieux et se concentrer sur les choses importantes. Le minimalisme n’est pas révolutionnaire (il ne remet pas en cause les fondements du capitalisme par exemple) mais permet de se pencher sur son mode de vie et de le réévaluer.

Pourquoi donc ai-je décidé de m’atteler à devenir minimaliste?

  • C’est cohérent

Nous sommes tous différents; ma copine Anna par exemple, adore les objets. Elle en a d’ailleurs fait son métier (elle est chef décoratrice pour le cinéma) et son appartement est juste un trésor de bon goût. Moi, d’un autre côté, j’ai indéniablement, et depuis toujours une aversion pour les bibelots ; les objets m’encombrent, les objets m’oppressent.  Si je dois travailler chez moi, rien ne doit traîner; j’ai tendance à ranger, limite faire le ménage avant de me mettre au boulot. Plus d’objets est donc égal pour moi à plus de stress. Je ne sais pas d’où ça vient et on ne va pas faire de psycho à deux balles, c’est juste comme ça. Je n’ai plus de télé depuis 15 ans, pas d’amour démesuré pour les sacs ou les chaussures, ni de passion pour l’ameublement, je déteste faire les courses et je n’ai pas de permis : je suis donc quand même une bonne candidate pour la chose, qui je le rappelle, n’est pas une fin en soi.

  • C’est une évolution naturelle

Il y a six ans, j’ai décidé de tout faire en même temps; un enfant, acheter un appartement, être publiée en tant qu’écrivain, tout en continuant d’avoir une vie sociale et d’exercer mon métier. Évidement, c’était beaucoup mieux de tout casser dans l’appart’ et de la retaper entièrement avec mon bébé de trois mois dans son transat. J’ai ensuite créé le blog et commencé à ne plus dormir du tout. Je ne réussissais plus à faire le tri dans ce que je désirais vraiment. Après un méga Burn out et de sérieuses conversations avec mon life partner, nous avons mis le doigt sur ce qui nous pesait : l’appartement. Les crédits, les travaux sans fin, la copro infernale, tout ça puait la vie d’adulte version relou. Je ne m’étais jamais interrogée sur le fait d’être proprio, pour moi, c’était un passage obligé. Je sais que nous sommes tous soumis à des impératifs (parentalité, couple, travail) : on ne le répète jamais assez, rien n’est obligatoire. Les trois premiers sont épanouissants pour moi . En revanche, l’aspect matériel de l’existence, s’est imposé à moi sans que je n’y réfléchisse vraiment. On a décidé de vendre, sur un coup de tête et sans regrets. Être proprio, ben c’était peut être pas pour nous. Peut être qu’autre chose était possible.

  • C’est une révélation

Allez, on sort le grand jeu. Sans être trop lyrique, la vente de l’appartement m’a permis de recentrer certaines choses. Plus de voyages, moins de meubles, plus de flexibilité, moins de travaux d’aménagement etc. Ce que je possédais, au sens littéral du terme, me pourrissait la vie. (Je crois honnêtement ne plus remettre les pieds chez Leroy Merlin de sitôt.) Donc par extension, ce qu’il y avait dans l’appartement (amoureux, enfant et hamster exclus) : le déménagement a été l’occasion de trier/donner/jeter dans des proportions que je n’aurais jamais crues imaginables. Ma garde-robe a diminué des trois quarts, mes cosmétiques ont quasiment disparu. Le reste aussi : carnets inutiles, vieux câbles, tote bags promo… Des exemples triviaux mais révélateurs. Bien-sûr, on jette toujours lorsqu’on déménage; ici, nous avons essayé de tout repenser depuis le début, sans se soucier du mode de vie des autres. (Les conversations avec des presque quarantenaires lorsque tu vends ton appart pour redevenir locataire sont priceless).

  • C’est un challenge constant

Je trouve ça pas mal, de se réévaluer régulièrement. Je suis nulle sur certains trucs : j’ai plein de livres, que je garde précieusement, je suis pas du tout zéro déchets dans ma cuisine (et je suis nulle en cuisine), je m’habille dans des enseignes pas éthiques… Bref, j’ai de leçons à filer à personne mais j’essaie et c’est un truc qui me satisfait. Je me dis que les choses peuvent être meilleures, tout en m’autorisant à quand même faire n’importe quoi, parce que je ne vis pas dans un blog lifetsyle mais dans le 93 et que this shit is real you know. Je ne souhaite pas devenir psychorigide et control freak, juste meilleure quoi.

  • C’est un soulagement

Let it go, a un peu été mon moto pendant ces derniers mois. J’ai pleuré lorsque j’ai rendu le clefs de mon appart’ évidemment; du temps, des espoirs, beaucoup d’argent et d’énergie partaient en fumée, mais pour le meilleur. J’ai réalisé que je m’étais imposé un tas de choses, qui allaient avec le fait de devenir adulte. Me maquiller par exemple: j’ai arrêté d’un coup, du jour au lendemain. Vraiment. J’ai pas spécialement bonne mine, mais… je m’en tape. C’est fou, parce que j’étais obsédée par ma peau. J’avais tellement peur de refléter quelque chose de pas parfait. Il ne s’agissait pas d’être belle mais d’être présentable, visible presque, comme si mon visage pas maquillé était mal poli… C’est bizarre, c’est très stupide mais je crois qu’on fait tous ça (enfin touTES, les femmes sont quand même bien déterminées à un tas de trucs, on en reparlera). Ce que je veux dire par là, c’est que ça me soulage, tout comme le fait de ne plus être proprio. Je n’y pense plus, tout simplement, et c’est de l‘énergie mentale que je peux mettre dans des choses que j’aime vraiment. Ce qui nous amène au point suivant.

  • C’est un gain de temps

Réfléchir à un dressing capsule (l’article sur le sujet est en préparation) peut paraitre ultra superficiel. J’ai passé du temps à réévaluer mes possessions vestimentaires et à savoir ce que j’avais besoin d’acquérir pour les compléter pour ne plus jamais y penser. Je ne suis pas une dingue de mode mais je suis une meuf banale: je m’habille, et j’ai généralement envie que ça ait l’air bien. Du coup, ce système, minimaliste, me permet une chose: me lever et ne pas réfléchir. Je veux pouvoir associer les choses entre elles, ne pas en avoir 5000 et que ça soit cool. Par exemple, je pars un mois en vacances et pour la première fois de ma vie, j’ai fait ma valise en 10 minutes, avec uniquement des choses qui me plaisent, que je vais mettre, pour de vrai et qui tiennent dans un bagage cabine. (J’ai une vraie phobie de la valise;  généralement, j’abandonne au bout de deux heures en me disant que je mettrai mon short, ce que je finis toujours par faire de toute façon.)

Tout ça pour dire que j’ai plus de temps, plus d’espace mental pour faire des trucs que je kiffe: écrire, lire, procrastiner (ma passion) ou jouer à Pipolo avec ma gamine.

La suite au prochain épisode! Je vous donne des pistes (pour ceux que ça intéresse): Comment devenir minimaliste ?

Du coup, je vous montre la vidéo en timelapse réalisée par mon life partner, photographe de son état et qui lui aussi a plus de temps pour faire ce qu’il aime. Des vidéos prises de notre terrasse par exemple.

 

TimeLapse Saint-Ouen BB from La Mandarine on Vimeo.

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