Je lis quoi avec mes enfants? Les oldies// Partie 1

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L’opossum qui avait l’air triste

Franck Tashlin

coveropposumThe Possum that didn’t, sortit en 1950, fait partie d’une série de trois petits bijoux de la littérature enfantine, écrits par un scénariste d’Hollywood, Franck Tashlin. Sorti en France en 1976, il continue son petit bonhomme de chemin aujourd’hui dans nos bibliothèques et voici pourquoi.

 1. C’est une merveille graphique

Illustré en noir et blanc, dans une pure imagerie 50’s, L’oposum qui avait l’air triste alterne les scènes d’une simplicité extrême et les doubles pages complètement dingues qui fourmillent de détails. Chaque page est une merveille, le découpage des scènes ingénieux et le trait à la fois simple et super élaboré.

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2. C’est un conte moral…

L’oposum… est une fable sur la différence, sous-tendue par une question:  peut-on imposer sa façon de vivre aux autres? La narration, très fine, plonge le lecteur dans un tourbillon d’émotions. On se trouve en véritable empathie avec le petit animal: pour les enfants, c’est très cathartique. Ils s’identifient immédiatement. C’est aussi un roman graphique qui peut être interprété par les adultes comme une critique féroce de la société humaine, américaine en particulier, et sa folie de la consommation, de  la réussite et du profit.

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3. … mais un peu fou

Il y a de la folie dans  ce livre: la folie des hommes, de la ville, de la volonté de puissance… Tout est exagéré, amplifié: c’est cartoonesque, dans le sens « absurde ». Le côté ubuesque de la « normalité », du travail, de la ville, est mis en relief dans tout ce qu’il a de négatif et anxiogène. L’opossum devient de symbole d’une certaine forme de rébellion contre l’ordre établi et ça, c’est cool.

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4. L’auteur, Franck Tashlin, était un génie

Franck Tashlin, scénariste, illustrateur, auteur et réalisateur, a œuvré pour le cinéma et le dessin-animé. Il a été un des cartoonist qui a rendu le genre populaire, a écrit pour les Marx Brothers, tourné avec Jerry Lewis ou Jayne Mansfield, travaillé pour Disney… mais surtout, il a imposé un genre, absurde et très fin, au cartoon.

Il n’a écrit que trois livres qui sont chacun des perles, à la fois intelligents, rebelles et beaux: The Bear That Wasn’t (Mais je suis un ours!) en 1946, The Possum That Didn’t en 1950 (L’opossum qui avait l’air triste), et The World That Isn’t en 1951 (introuvable aujourd’hui ou alors si, à partir de 300 dollars sur Internet, mais qui est une tuerie pour les yeux).

Tous sont très satiriques et critiquent la société de consommation, le monde du travail et la société américaine.

Tashlin, The World That Isn't

Franck Tashlin, The World That Isn’t

J’ai toujours adoré les livres de Tashlin: à l’âge adulte, je les ai redécouverts et leur acuité, leur beauté m’ont frappée. L’article 15 reasons why Franck Tashlin is awesome (15 raisons qui font que Franck Tashlin est génial) vous éclairera peut être encore mieux que moi sur le sujet.

On y découvre, par exemple, que Tashlin a cée le dessin-animé The fox and the crow, qui a inspiré un bon nombre de cartoons, notamment Bip-Bip et le Coyote.

On y apprend également qu’il était admiré par des artistes tels que Jean Luc Godard ou John Waters, qu’il s’est mariée avec la voix de La Belle au bois dormant de Disney, qu’il a réalisé des films en Stop Motion dans les années 40 ou bien encore qu’il avait crée son propre système pour créer des cartoons, le Scot-Art.

Pour Tashlin, n'importe qui peut dessiner des cartoons s'il sait faire des carrés, triangles et des cercles

Pour Tashlin, n’importe qui peut dessiner des cartoons s’il sait tracer des carrés, triangles et des cercles

Bref, vous pouvez passer des heures à vous plonger dans l’oeuvre de Tashlin sans perdre de temps… Je prépare un post sur Mais je suis un ours! (The bear that wasn’t) un pure merveille du genre Tashlin.

Bonne lecture!

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