Fabriquer du savon

savon

À savoir

Si vous souhaitez vous lancer dans la fabrication de vos savons, il y a plusieurs choses à avoir impérativement

  • de la soude : c’est ce qui permet la réaction chimique et la création même du savon. Vous pouvez choisir de l’acheter en poudre et de faire le mélange avec de l’eau, mais je ne le conseille pas (la réaction chimique peut provoquer des brûlures ou des éclaboussures pas cools.) Je conseille vivement d’acheter de la lessive de soude à 30 % (soude et eau déjà mélangées) en grande surface (j’ai acheté la mienne chez Leroy Merlin)
  • une balance de cuisine : ce n’est pas négociable (arf) car vous devez peser la soude et vos huiles/beurres au gramme près
  • des ustensiles et récipients prévus uniquement pour ça (vous ne les réutiliserez pas pour faire autre chose) : en verre pour la soude, plusieurs autres pour les pesées d’huile/beurre et un pour le bain-marie
  • un mixeur-plongeur pour battre le mélange
  • des gants en plastique (cf. la lessive de soude)
  • un/des moules 

Comment fait-on du savon?

Le savon, c’est un truc presque vieux comme le monde (bon d’accord, pas tout à fait).

En gros le savon c’est :

  • des huiles ou beurres végétaux (la base, le … gras)
  • de la soude (solide ou liquide, on en reparlera) : c’est ce qui transforme le tout en savon
  • des trucs en plus : colorants, actifs, huiles précieuses etc. qui donnent du caractère à votre savon

C’est quoi la saponification ?

La saponification, c’est le processus de réaction chimique entre le gras (huiles/beurres) et la base de soude. Elle se fait à froid et à température ambiante. En gros, les huiles/beurres « fusionnent » avec la soude, jusqu’à ce que les deux « s’annulent » et se transforment en glycérine naturelle et qu’on obtienne un savon solide et utilisable.

Le dosage est très important car il définit son acidité.

  • s’il n’y a pas assez d’huile par rapport à la soude la savon sera sec et trop acide (irritant)
  • s’il y en a trop il sera trop gras et mou (inutilisable)

On peut choisir de faire:

  • un savon neutre (soude et huiles/beurres fusionnent à « égalité »)
  • savon surgras (on calcule un léger ajout d’huile ou  beurre pour avoir un savon légèrement plus doux pour la peau)

C’est la dernière technique qui est souvent utilisée !

Il faut avoir que la saponification à froid prend du temps : minimum 4 semaines à température ambiante pour que la réaction chimique soit terminée et que le savon puisse être utilisé.

Comment créer ma recette ?

  • Il y a plusieurs outils très utiles, dont cette page chez Aromazone qui est très claire et très bien faite ! 

Vous y trouverez un calculateur qui vous permettra d’entrer vos données :

capture-decran-2016-12-07-a-17-46-59

 À savoir :

– quelles huiles vous souhaitez utiliser

– quel surgraissage et ajouts vous souhaitez faire

 

Tout en bas, il y a un menu déroulant qui vous demande de préciser si vous utilisez de la lessive de soude (soude diluée) ou de la soude pure (solide, qui vous devez donc vous même mélanger à de l’eau). Le calculateur affiche les résultats selon ce qui vous y avez entré.

  • J’ai aussi adoré larticle de Bioté Naturelle, très clair et super complet (plus que le mien) sur le sujet, courez le lire  pour vous éclairer !

Mes ingrédients

Elle constitue une bonne base pour les savons et se trouve facilement (ce n’est pas une huile « précieuse, même si je l’adore). Très riche en acides gras, elle est nourrissante, emolliente, hydratante, calmante et très douce.

L’huile de coco, j’en ai déjà parlé de nombreuses fois, est une huile ultra polyvalente: très nourrissante, hyper douce et apaisante, elle a aussi un fort pouvoir moussant lorsqu’elle entre dans la composition des savons.

Moins connue, cette huile est très douce et bien tolérée ; elle a des vertus cicatrisantes, purifiante et donne une mousse dense en savonnerie.

On ne la présente plus : anti-dessèchement, assouplissante, fortifiante et apaisante.

C’est l’élément indispensable : je l’ai achetée chez Leroy Merlin.

J’ai choisi de mettre du colorant dans mon mélange mais c’est en option !

Odorante et purifiante pour la première et fraîche, antiseptique et régénérante pour la deuxième !

À savoir

Vous pouvez utiliser une seule huile végétale (un savon uniquement à l’olive par exemple ! ) ou au contraire, tout un tas d’actifs, HE ou HV précieux, à ajouter au moment de la « trace » !

Mes dosages

  • Lessive de soude 154,4 grammes
  • Huile d’olive bio 170 grammes
  • Huile végétale de coco bio 120 grammes
  • Huile végétale de Ricin bio 10 grammes
  • 10 gouttes d’HE de géranium
  • 10 gouttes d’HE de bergamote

Le surgraissage

  • Huile d’amande douce 21 grammes

Cette recette permet normalement d’obtenir à peu près 4 gros savons, mais j’en ai raté deux.

Les étapes

Pour peser vos ingrédients, pesez au préalable tout vos récipients et notez leur poids, pour pouvoir le déduire du total lorsque vous pèserez le tout (récipient + ingrédient)

La base

  1. Versez la lessive de soude dans un récipient en verre et pesez-la
  2. Pesez vos huiles séparément, puis faites les fondre au bain-marie dans un grand récipient (laissez de côté l’huile que vous allez utiliser pour le surgraissage)
  3. Une fois vos huiles et beurres bien fondus, sortez les du feu
  4. Préparez votre mixeur plongeur
  5. Versez la lessive de soude dans le récipient où se trouvent les huiles/beurres fondus et non l’inverse tout en battant le mélange avec le mixeur (faites attention aux éclaboussures, protégez vos yeux et vos mains)

Le moment des ajouts et/ou du surgraissage

 Vous allez voir le mélange s’épaissir  : lorsqu’il a la consistance d’une crème et que le mixeur laisse une « trace » lorsque vous le plongez dedans, c’est le moment de faire les ajouts (ici c’est l’huile d’amande douce) pour le surgraissage, le colorant, les actifs etc.

Je mets un tableau piqué chez Aromazone ici, qui est très éclairant pour visualiser la « trace »

Le final

  1. Continuez de mixer le mélange après les ajouts
  2. Une fois le mélange épais, versez-le dans le moule ou les moules que vous avez choisi. N’attendez pas qu’il soit trop épais! 
  3. Laissez les savons dans leurs moules pendant 24h/48h. 
  4. Sortez-les de leur moule et laissez-les « saponifier » dans un endroit sec pendant 4 semaines minimum

Mon expérience

Je suis la personne la moins organisée du monde. Où plutôt, je m’organise et tout part en cacahouète (en général) et j’ai réussi à produire un savon (oui, pas deux).

Il y a donc de l’espoir !

  • Faites bien attention à la lessive de soude : protégez vos mains (je ne l’ai pas fait et une micro goutte m’a bien irritée la peau), ne vous frottez pas les yeux, éloignez les gosses.
  • Ne multipliez pas les transvasements : essayer de peser vos huiles ensemble et faites les fondre dans le même récipient, vous en perdrez en route si vous changez trop de contenant (et le dosage est important, au gramme près, pour produire un savon ni trop gras ni trop sec).
  • Gaffe aux réactions inopinées : j’ai balancé un mica blanc (colorant naturel en poudre) dans une partie de mon mélange et il y a eu un espèce de « pouf » auquel je ne m’attendais pas, car j’en étais au moment de la « trace » (soude déjà bien mélangée)… Et ben non, le mélange s’est mit à sentit fort la soude, et il ne valait plus grand chose.
  • Ça prend du temps, j’en ai quand même foutu un peu partout (cf. je suis quand même quelqu’un de maladroit) alors protégez votre environnement.
  • N’utilisez pas des contenants dans lesquels vous voulez faire la cuisine (sauf pour la pesée des huiles) (cf.j’ai jeté un saladier)
  • Si vous êtes comme moi, attendez avant de vous lancer dans des techniques cheloues (marbrage etc.) : j’ai essayé de séparer ma préparation en deux pour faire deux couleurs : no way José ! Je vais attendre d’être plus experte pour produire des merveilles … j’ai fait deux savons de la même couleur. Et c’est déjà pas mal (oui, j’ai appris à être moins exigeante avec moi-même).

Mon résultat

Après avoir sagement attendu 4 semaines, j’ai pu enfin utiliser mes savons. (uniquement sur les mains pour le moment).

Les constats

  • L’odeur est … subtile (a.k.a j’ai pas mis assez d’huiles essentielles)
  • Le surgraissage n’est pas réussi : le savon n’est pas acide et n’assèche pas les mains, mais il ne les laisse pas non plus nourries.
  • Le mica colore l’eau légèrement. Rien de grave, mais c’est là.
  • Ils moussent terriblement bien et nettoient au top.

2 Comments

  • Chloé dit :

    Salut ! Merci pour l’article !
    Alors, j’en suis au moment où j’ai très envie de faire du savon (je pense commencer par un pur olive par contre, tranquille), mais j’hésite encore à cause de trucs idiots, comme : où faire sécher mes savons, et sur quoi ? Tu as fait comment toi 🙂 ?

    • Wildchild dit :

      Hello!
      Merci ! Je les ai laissé sécher deux jours dans le moule et ensuite je les ai simplement posés sur un tissu propre sur une étagère en hauteur, à l’air libre 😉 Si tu t’y mets, dis-moi comment ça s’est passé !

      Des bises !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *